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Internostalgie

C’est bientôt les festivals de jazz et, à France Inter, Julien va sans doute être sur la brèche. Je dis « sans doute » parce que je n’écoute plus beaucoup France Inter (ni rien d’autre, d’ailleurs), à part Sophia Aram, et elle s’en va, et François Morel, qui fait une – déjà trop longue – pause estivale. Julien, c’est Julien Delli Fiori, le préposé au jazz de la station, et il y a longtemps de cela, je l’écoutais avec Clémentine Célarié (non, je n’écoutais pas en compagnie de Clémentine, j’aurais bien voulu mais, non : Clémentine, elle était dans le poste et elle causait jazz avec Julien). C’était bien.

D’ailleurs, France Inter, en ce temps-là, c’était même très, très bien. D’abord, il n’y avait pour ainsi dire pas de publicité. Et puis surtout, le matin de 6 h à 8 h (ou plus ?), il y avait Philippe Caloni, quel professionnel, celui-là, qui n’hésitait pas à passer du Bartók dès potron-minet, ou du jazz, ou de l’accordéon, et qui laissait parler ses invités, oui, parfaitement, et il y avait, bien avant Marie-Pierre Planchon et Patricia Martin, une présentatrice de la météo marine, je ne suis jamais parvenu à retrouver son nom (si quelqu’un qui sait me lit…), j’avais vu sa photo un jour – c’était une jeune femme belle et douce devant qui les ouragans faisaient sans doute patte de velours – et j’étais tombé amoureux d’un coup, d’un seul, et il y avait Pierre Bouteiller de 18 h à 19 h (ça collait pour mes horaires de ces années-là, sur la route), et le soir, il y avait le Pop Club de la bonne cuvée (parce qu’après c’était devenu un peu moins bien, côté invités, et que José Artur faisait du lui-même un peu réchauffé) : aaaaah, le Pop Club, ses jingles entêtants que vous susurraient des voix made in Fip et qui vous campaient en cinq secondes un décor de fête chicos en diable ; d’ailleurs, ils avaient toujours des jingles terribles à France Inter (j’ai même trouvé un site de fanas de la station où on pouvait les réécouter, mais j’ai perdu l’adresse).

C’était vraiment très bien, France Inter. Je vous cause de ça, ça remonte à trente ans et plus (sauf Julien et Clémentine : eux, je les écoutais il y a une vingtaine d’années), j’avais un gros transistor que ma mère m’avait en quelque sorte légué, avec une petite ampoule qui éclairait de l’intérieur le cadran des longueurs d’onde, c’était comme une maison dont l’unique fenêtre aurait brillé dans la nuit, le transistor me servait de refuge (faut dire que je n’étais pas très heureux du tout, du tout, à l’époque, mais pas au point d’aller m’épancher chez Macha, ah ça non, mille fois non).

Je ne voulais pas vraiment raconter tout ça au départ, c’est juste que je passais par là, j’ai vu de la lumière à l’étage, je me suis dit que, comme d’habitude, la présidente – car nous avons une présidente, ici à IŒPLP, une présidente à vie, encore bien – avait oublié d’éteindre, et j’ai profité qu’il n’y avait personne pour griffonner vite fait un petit billet… Pas aigre-doux, non, ça, c’est pour les cornichons ; non, plutôt doux-amer. Faut dire aussi que, si on avait un vrai été, on ne perdrait pas son temps à céder à la nostalgie.

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